Vendredi 23 février 2007
France – Israël
http://www.france-israel.com
Question aux candidats à la Présidentielle

Réponse sur le thème du Moyen-Orient, de la crise Iran-Israël,
sur Jérusalem et le retour des palestiniens.
par Kristian Garino pour ESPERANTO-LIBERTE


Voilà bien une gageure de demander à un individu de répondre à des questions que des générations ont été incapables de résoudre. Mais l'exercice a son mérite et si la promesse de publier in extenso tient bon, j'en assume moi aussi la responsabilité par une publication parallèle. Que personne ne s'étonne, si pour répondre clairement je remonte le temps au moins jusqu'à la création du monde ... ou du moins de celle de Dieu dans la conscience humaine ? L'histoire des hébreux (ceux qui passent ?), désormais juifs aux yeux du monde, et par la suite assimilés au peuple d'Israël et à sa diaspora, est une hypothèse qui fonde en tout cas l'Histoire commune de l'Humanité. Terre promise, conquise, perdue et retrouvée, scénario plutôt classique pour tous les peuples, sauf qu'après 2000 ans c'est un record !

La foi d'un peuple « élu » suffit-elle à expliquer cela ou bien ce n'est que l'habillage des circonstances ? Les avis divergent et les interprétations aussi. Entre autre pèse cet amalgame permanent et trompeur contre un peuple déraciné et sa propension aux métiers d'argent auquel leurs hôtes se refusaient. Facile et pas vraiment très original par rapport aux violences en tout genre dont nos humanités successives ont le secret, sans exception.
Voilà aussi que la confusion du mélange explosif religion-politique vient menacer un raisonnement raisonnable. L'ordre de la croyance mérite le respect, pas la soumission. D'ailleurs le respect du prochain, de tout prochain, n'est-il pas la pierre d'angle de chaque spiritualité, devant servir à fonder nos sociétés sous le regard de l'Eternel ? Alors d'où vient le mal, où est l'erreur ? Si ce n'est de s'imaginer supérieur à la fleur que le principe créateur dans sa sollicitude à planter dans le jardin de nos rêves.

De plus la compréhension est rendue aléatoire par cette épisode de « faux-frères » ashkénases et séfarades qui mériterait explication. Comment le peuple Khazar, héritier des steppes d'Asie centrale, a t-il pu durant le haut Moyen-Age être converti en masse à une religion aussi restrictive ? Car ces blessures connues ou oubliées marquent notre réalité actuelle. De cet empire en perdition émergent à l'époque moderne en Europe centrale des héritiers ambitieux qui savent que désormais la puissance d'argent supplante celle de l'épée. Naissent alors des dynasties que couronne depuis la maison Rothschild. Comment ignorer cette connivence du politique et de l'économie sous la discrète reconnaissance cultuelle et culturelle qui lui fait écran ? Mais cela par dessus l'épaule des de la démocratie clamée et réclamée, avec la complicité des élites en tout genre et de toutes origines qui savent se compromettre auprès des maîtres de leur « intérêt ». Sommes nous prêts par exemple à faire la transparence absolue et intégrale du système financier mondial passé et actuel ? Tout comme banalement on l'exige pour nos impôts en fait.

Et ce territoire, cet antique Canaan tant convoité par le passé et de nouveau bien sûr quand l'odeur de l'or noir se répand fin XIX° et rend sensible les grands investisseurs et potentats d'Europe et d'outre-atlantique, si bien organisés autour de l'ordre de la City, terrible héritière du sceptre. Monsieur Balfour en 1917 donnant terre en hommage par lettre soumise au baron Rothschild, n'est-il pas chose incroyable alors que l'issue de la guerre n'est pas joué ! ? Une guerre après l'autre et voilà le fait accompli, l'Europe dépecée et la Russie sous le joug d'une commande si bien orchestrée par une tyrannie sur mesure. Drapeau rouge ! ou carton rouge ? Que d'intelligence subtile et de manigances derrière les croyances populaires abérrantes dans le simplisme révolutionnaire, mis au service d'idéologies perverses. En cela le peuple russe et allemand auront eux aussi payé leur cécité nationaliste qui fit d'eux des criminels publics planétaires.
Mais d'autres dans l'ombre de leur propagande n'ont certes rien à leur envier et la vérité comme l'huile sainte remonte toujours à la surface, ce n'est qu 'une question de temps. Pour le bien de tous et surtout de ceux qui se sont fourvoyer. Bref, ce peuple de l'errance, ce peuple dit juif, fut donc un peu malgré lui propulsé « au retour » par une « volonté ordonnée ». Car l'intégration ne fut finalement brisée qu'après le génocide planifié. Et encore cela ne fait pas l'unanimité dans la propre communauté juive, loin de là, sans parler que la laïcité est prégnante dans la culture sémitique au sens large et qu'elle se trouve simplement battue en brèche par l'intégrisme des courants classiques, authentiques ou instrumentalisés comme il convient à tous les extrémismes on le sait. Mais bien que le destin ait tracé la voie, la paix reste absente et ni l'ONU ni personne n'a droit de cité dans le dédale de cette diplomatie vouée à l'échec puisque les meilleures intentions ont été systématiquement anéanties dans un théatre ... d'ombres ? La guerre vive !

Jérusalem, pont de cette paix bannie, de cette sagesse et de cette intelligence feintes, est à cette heure le centre de l'impossible. Et la mise en scène de l'Iran n'est surement pas le bon exutoire dans le jeu trouble des grands commandeurs. Il s'agit désormais pour eux de justifier l'affrontement impérial sino-étatsunien, ou le renouveau d'une soi-disant guerre froide, qui dans un cas comme dans l'autre servent de leurre à la mainmise et au totalitarisme de la violence, de tout bord. Ici pas d'innocents. Le peuple d'Israël reproche finalement à la Palestine de se trouver dans une situation bien similaire à la sienne en d'autre temps. Une excuse qui ne trompe personne en diplomatie internationale, pas même une majorité d'israëliens. Quelle ineptie que cette guerre des civilisations !

Nous voilà pour finir au constat de la souffrance qui porte aussi le sens de l'attente. Une attente qui semble parvenir à son terme, tellement les tension subies et cumulées ici et partout sont à leur paroxysme, comme un séisme qui se prépare dans les entrailles silencieuses de nos inconséquences communes. Cette passion ravageuse qui fait des humains les jouets de leur propres illusions. Considérez ma parole comme une voix dont le peuple français ignore peut-être le dessein mais dans laquelle il trouverait j'en suis sûr sa propre résonance, par la seule vertu du bon sens. Pardonnez la forme philosophique et poétique incontournables en la circonstance pour un tel devoir de vacance. Et quel que soit le traitement qui sera fait de cette parole, j'assume n'avoir de vrai que cette conscience délibérée. Je crois à travers elle pouvoir être une « parabole » au nom de la France.

Au fait, il existe en Israël des communauté mixtes qui vivent en paix et dont certaines utilisent aussi la langue de partage que nous défendons politiquement, l'Esperanto, comme un projet d'Unité et d'identité européenne capable de faire école dans le monde entier. C'est une main tendue. Ce sont nos frères en esprit et en vie. Et nous rendons hommage au Dr Zamenhof qui a initié cette langue et qui eut le courage en son temps difficile plus encore, de ne pas succomber aux sirènes du nationalisme sioniste pour justement porter les valeurs de cet universalisme pour lequel il a lutté toute sa vie, dans les pas de la tradition hilléliste dont il se revendicait. Il fonda ainsi son « homaranisme* » militant !

Le peuple du livre ne doit pas renoncer à cet universalisme en se laissant enfermer par ceux qui prétendent le protéger, qu'ils viennent de leur propre sang ou de croyances prétendues amies. Car quand le loup entre dans la bergerie, nul doute qu'il ne soit déguisé en agneau, tout comme l'art de la séduction est bien celui des petits et des grands malins. En ce sens, les conflits visibles déclarés sont moins dangereux que ceux qui ne disent pas leur nom. C'est aussi fraternellement que cela est concevable que je soumets ces pensées à votre sagacité et à celles de tous les possibles lecteurs et lectrices que je salue. Et j'invite symboliquement et pratiquemennt chacun à s'ouvrir acceptant le principe d'une langue de communication neutre non nationale au moyan de l'Esperanto.

Amikore - par le cœur de l'amitié Kristian Garino 23 février 2007
www.esperanto-liberte.com
Par Kristian - Publié dans : Interviews
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