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Christian Garino Candidat à la présidentielle de 2007 pour Espéranto-Liberté
Dès qu'on parle de l'argent publique, deux sujets reviennent immédiatement: déficit du budget et dette nationale, la seconde étant la conséquence directe du premier.
L'État n'est pas une entreprise ni un particulier, ses finances ne sont pas de même nature. Il est présumé "éternel", il ne peut pas "faire faillite" car il ne peut pas "disparaître". En langage financier cela veut dire que l'État est "éternellement recouvrable", sa dette ne "s'annule pas", elle ne peut pas "disparaître" non plus...
L'État assume des diverses missions, dont personne ne peut pas (ou ne veut pas) se charger. Exemple: l'armée ou la justice, fonctions "régaliennes", que nul ne doit pas accaparer. Il a aussi diverses missions "d'utilité publique", que personne d'autre ne peut pas assumer.
Ainsi, l'État fait ce que nous voulons qu'il fasse, il "réalise" notre volonté. Bien entendu, cela coûte de l'argent. Tout a un prix, il faut trouver de quoi payer ce que l'on désire, utilise ou consomme. L'État "gagne" de l'argent en prélevant des impôts - c'est (presque) sa seule source de "revenu". Actuellement, tout ce que nous demandons à l'État coûte plus cher que ce que nous payons. Pour équilibrer ses comptes, comme toute autre entité, entreprise ou particulier, l'État emprunte. Le "déficit du budget" (donc: ses dépenses) génère "la dette de l'État". Mais l'État - c'est nous, nous tous, tous les Français - on emprunte, on dépense et on promet de rembourser "plus tard". Il faut souligner ici que la dette finance des "dépenses de fonctionnement", pas des investissements quelconques. L'augmentation de la dette publique n'a pas été compensée par une accumulation d'actifs publics, bien au contraire. La dette a été utilisée pour financer les "dépenses courantes", pour reporter sur les générations futures une part croissante de nos propres dépenses, notamment de santé ou d'indemnisation du chômage. En clair, nous "vivons à crédit".
Le budget annuel de l'État, voté par le Parlement, est "déséquilibré". Depuis 25 ans, sous tous les gouvernements et sous tous les régimes, l'État a toujours dépensé plus qu'il a "gagné". Actuellement, "le déficit du budget de l'État était de 54,87 milliards d'euros à fin novembre 2006 " annonce le Ministère de l'Économie et des Finances. Donc, il va falloir emprunter quelque 55 milliards d'euro (donc : 361 milliards de francs ou 36.077.635.000.000 d'anciens francs...). Pour la seule année 2006 cela fait quelque 890 euro (5.820 francs) par tête d'habitant (enfant, vieillard, handicapé, prisonnier, SDF ou clochard y compris), en plus de l'impôt que nous avions déjà payé. Et puisque ce type de "crédit" s'accumule depuis des années, les dettes d'une année s'ajoutant à la dette précédente, la dette de l'État s'élève actuellement à 985,5 milliards € (quelque 16.000 euro, 104.265 francs ou encore "dix millions" d'anciens francs par habitant).
Donc: chaque Français(e), nouveau-né dans un berceau ou un "ancien" qui n'a jamais emprunté le moindre sou de toute sa vie, a un "crédit" qu'il doit rembourser, doit 104 mille francs (ou : "dix briques" pour les anciens). Vous êtes combien dans votre famille? Multipliez le nombre de têtes par 16 mille euro, vous verrez votre du! Ça fait une "jolie somme", en somme...
Parfois on dit: "ce n'est pas grave, la France est riche, on n'a qu'à vendre Versailles ou Louvre". Ce n'est malheureusement pas suffisant... Car en s'endettant, les administrations publiques se sont appauvries. Entre 1980 et 2002, leur patrimoine net, tel que le calcule l'INSEE, a été divisé par trois; il est aujourd'hui négatif, si l'on tient compte de l'ensemble des engagements de l'État. La totalité des actifs inscrits au bilan 2005 s'élève à 346,2 milliards euro. Conclusion: même en supposant que quelqu'un veuille acheter Versailles, même si l'on "vendait tout", cela suffirait à rembourser un tiers de la dette. En clair, pour couvrir la dette, il faudrait vendre non seulement tout ce que l'État possède (terrains, bâtiments, avoirs bancaires etc.) mais aussi ce que les Français possèdent eux-mêmes: leurs maisons, leurs voitures et même ce fameux vison sorti du fond de placard!
Ce n'est pas tout et ce n'est pas aussi simple...
1. il y a un problème d'estimation de cette dette de l'État. Diverses personnes estiment différemment ce à quoi l'État s'engage. Il y a notamment le problème des retraites des employés de l'État, donc: des fonctionnaires. La dette officiellement annoncée ne tient pas compte de l'engagement que l'employeur-État (donc nous tous) a pris vis à vis de ses salariés. Si l'on ajoute ces "engagements hors bilan", que l'on devra payer peu importe comment on les appelle ou comptabilise, l'engagement s'élève à plus de 2.000 milliards d'euro (deux mille milliards) actuellement et risque d'atteindre 400% du PIB en 2050!
2. qui va payer? Bien entendu, la dette et autres engagements sont dues par l'État, donc par nous tous, y compris ces "enfants, vieillards, handicapés, prisonniers, SDF ou clochards". Seulement eux, ils ne paient pas d'impôt... En France l'impôt n'est pas payé par les "habitants", il est reparti entre ce qu'on appelle les "foyers fiscaux". Et ces "foyers fiscaux" ne sont pas 62 millions mais seulement la moitié - 35 millions. De plus, et en réalité, seulement 1 "foyer fiscal" sur 2 paie l'impôt sur le revenu... Trop pauvres, insolvables, beaucoup de Français ne peuvent plus contribuer aux finances de l'État. Voici le décompte (fin 2005):
Nombre de foyers fiscaux 34.813.337 Foyers fiscaux non imposables 16.670.757 (48 % du total) Foyers fiscaux IMPOSABLES 18.142.580 (52% du total) Résultat: l'engagement (dette + "hors bilans"), il faut le repartir non entre tous les "habitants", mais seulement entre ceux qui sont capables de payer. Un RMIste ne peut rien payer! Et là, la donne change singulièrement: le fardeau s'élève à 48.340 euro par "foyer fiscal solvable" (sans retraite des fonctionnaires) ou 110.000 euro avec... C'est donc sur quelque 723.000 francs (ou 72 "millions") que chaque contribuable solvable est engagé! Et puisqu'au lieu de rembourser, nous empruntons toujours, ce montant ne fait qu'augmenter. Sans parler des intérêts qui courent... Cela représente le coût d'une jolie maison neuve ou d'une très, très grosse Mercedes "rutilante neuve" que l'on s'est offert "à crédit" nous tous, tout un chacun que nous sommes!
Parlons encore de ce remboursement. Bien évidemment, personne n'exige ni de "tout rembourser" tout de suite ni de ne plus emprunter - la France est libre de décider par elle-même. Ce qui pose éventuellement problème, c'est que nous sommes plus endettés que les autres...
Le remboursement de la dette coûte à l'État (donc à nous tous...) approximativement ce que "rapporte" l'impôt sur revenu. Résultat: ce que le contribuable paie au titre de son impôt individuel et citoyen, est englouti par des créanciers-préteurs. Beaucoup de personnes dissertent sur ce que l'on pourrait faire avec cet argent, si la dette n'existait pas. Une idée simple vient immédiatement à l'esprit: sans le remboursement de cette dette, on pourrait tout simplement supprimer l'impôt sur le revenu, faire de la France le plus grand "paradis fiscal" du monde. Au lieu de cela, nos fortunes s'exilent aux Bahamas (ou à Gstaad...) et nous tous, pauvre de nous, qui ne pouvons pas faire ce "voyage fiscal", nous engraissons des "préteurs sur gage", dont la majorité est à l'étranger - la dette française est détenue à près de 60% par des non-résidents. La France a une "excellente réputation" et sa dette "s'arrache" sur les marchés internationaux. Évidemment...
Le contexte international a changé. Autrefois, le gouvernement avait la maîtrise de ses finances. Il contrôlait la Banque de France qui réalisait la "politique économique", donc financière, de l'État. La Banque de France faisait ce que le gouvernement lui demandait de faire, la monnaie était au service de la politique. On pouvait imprimer du "papier-argent", dévaloriser, emprunter à tout-va... Aujourd'hui, l'État n'est plus maître ni de sa banque ni de sa monnaie - il n'en a plus. L'euro, la monnaie européenne, est gérée par la BCE - Banque Centrale Européenne, qui ne reçoit d'ordres de personne et qui réalise ses propres objectifs, buts financiers précis: monnaie crédible, stable, pas d'inflation, pour sécuriser et maximiser les profits financiers. Évidemment: l'inflation tue la rente du capital et toute monnaie qui prétende être crédible doit plaire aux préteurs. Dès lors, ce sont des préteurs qui dictent la politique de la Banque Centrale. La monnaie européenne échappe aux gouvernements qui ne peuvent que se soumettre et poliment quémander de pouvoir emprunter comme tout le monde. Notre gouvernement n'est plus maître de l'argent de notre pays.
Autre effet de l'euro stable - contrairement à l'autrefois, la dette ne s' "évapore" plus par l'effet de l'inflation...
Quoi dire d'autre? Sur le sujet, la littérature est abondante, il suffit d'entrer "dette France" ou "déficit budget" dans Google. Nous n'allons pas répéter ce que les autres ont déjà écrit. Il y a ceux qui sont "pour", d'autres "contre". Les uns critiquent, les autres proposent. Donc - vous, le candidat à être notre prochain(e) Président(e) de la République, celui qui donnera les instructions à votre (notre) futur gouvernement, qu'en pensez vous? Éclairez-nous sur ce sujet. Voici la question posée par les électeurs:
Questions :
1-déficit budgétaire - est-il "bon" ou "mauvais" d'avoir le déficit du budget annuel de l'État?
2-Quel montant du déficit est "acceptable" pour la France (combien)? La règle Maastricht de 3%, est-elle acceptable (et réalisable) ou non? Faut-il la respecter?
3-Si déficit il y a, alors pour quoi faire et dans quelles conditions? Votre l'opinion + ligne directive pour les gouvernements à venir.
4-La dette nationale - elle est "trop importante" ou non? La règle Maastricht de 60% du PIB, est-elle acceptable (et réalisable) ou non? Faut-il la respecter?
5-Comment calculer le montant de la dette nationale - avec retraites des fonctionnaires, éléments du "hors bilan" et autres engagements, ou sans?
6-Comment rembourser la dette nationale (vitesse, qui et comment imposer etc.)?
Réponse :
Dette et budget en France Il est notoire que l'on a commencé à parler d'un endettement faramineux dans notre pays seulement depuis peu, élection oblige, 1.000 milliards d'€ sans les frais ... mais pour d'autres il faut majorer ça en fonction des critères pris en compte, comme s'il était impossible de donner des chiffres à peu près précis et à peu près exacts. Et pourtant ! On a dépassé selon toute vraisemblance les 60% du PIB qui servent de seuil de tolérance, un peu comme ces ménages déboussolés qui empruntent à tout va et qui hypothèquent leur avenir. Mais pas de problème, les créanciers sont là pour pousser au crime. Car ça rapporte. C'est un peu comme une drogue, ça euphorise et on ne sait jamais où il faut s'arrêter. Le fait est qu'avec 50 milliards de seul service de cette dette, il faut réemprunter chaque année ce qui vient d'être remboursé, pour faire tourner le pays. Tout cela est bel et bon et permet aux financiers internationaux en particulier de tenir les politiques en respect, sous peine de priver ceux-ci (et donc la nation) de la dose dont elle ne saurait se passer. Et pour cause ! Cela semble être advenu assez rapidement si l'on songe que cet endettement était insignifiant au début des années 80 pour culminer actuellement sur les hauteurs que l'on sait. Et ce ne sont pas les malheureux économies faits sur le dos des plus démunis et du service public qui permettront de changer rapidement cette réalité, comme on aimerait nous le laisser croire. La vieille histoire de la carotte et du bâton ...
Autour de 20% du budget réservé au service d'une dette ad vitam, c'est trop pour un pays qui s'essouffle déjà à financer ses minimums sociaux, à moins que ce ne soit une politique sur mesure qui permette de justifier les contraintes du "Nouvel Ordre Mondial" que nous cuisinent depuis longtemps déjà ceux qui se pensent élus des Dieux, de certains en tout cas ! Mais voilà, comme les dieux ont la sale habitude de se battre entre eux, il est probable que nous soyons emportés dans la tourmente si les choses tournent mal. Bref, avant tant de conjectures, il faudrait d'abord regarder un peu ce que tout cela signifie et comment ça fonctionne, chose que personne ne semble pressé de faire. C'est pourtant là que c'est passionnant, à savoir que tout le système financier est bâti sur une arnaque, celle des intérêts prélevés sans justification économique autre que celle de s'accaparer les bénéfices du travail de ceux qui restent incapables de comprendre comment on les exploite. Même nos meilleurs juristes, à commencer par les USA, n'ont su résister aux assauts répétés de cette hold-up planétaire qui perpétue son crime avec la bénédiction des États.
Le capitalisme idéologique n'est qu'un habillage de ce piratage généralisé que les clans du monopole bancaire et décisionnel ont instauré à leur profit privatif et en dépit des risques évidents encourus par la planète et qui aboutissent logiquement au drame écologique que nous connaissons actuellement, puisque les êtres humains eux ont renoncé à chercher à comprendre. Une fatalité apparente qui nous évite de prendre un autre risque, celui de regarder les chose en face. Soit, ce n'est pas qu'il soit très difficile d'étudier un dossier aussi brûlant, mais que ce terrain est bien gardé et qu'il peut paraître sage de ne pas s'y attarder.
Je me contenterai donc ici de proposer ces remarques à la réflexion et à la sagacité de ceux et celles dont la curiosité n'est pas encore totalement dévoyée. Tout le reste n'étant à mes yeux qu'une distraction supplémentaire qui ne peut que retarder l'échéance d'un inévitable et prochaine prise de conscience. Car sans s'attaquer à la résolution, non pas des conséquences, mais des causes de cet asphyxie financière, il n'y aura pas d'issue à la crise systémique qui donne à nos sociétés un temps de survie désormais compté.