La Paix du 23 septembre
( ... 23-09-2006 ... premier jour du ramadan et du nouvel an juif )
L'Espéranto ? L'Europe ? L'Education ?
Voilà des questions bien embarrassantes ! Mais où en sommes nous depuis le refus d'inscrire l'espéranto comme langue de travail en 1920-22 à la Société des Nations ? Un horizon clair-obscur qu'il nous appartient de décrypter et de réactualiser dans le cadre de l'Europe et de la mondialisation.
Le doute plane sur la bonne volonté affichée par nos politiques, compte tenu de la complicité subtile et durable entre la France et les pays anglo-saxons ou du moins, encore une fois de ceux qui en contrôlent la direction et les décisions, de ceux qui font leur loi au lieu de servir les Nations. Nous nous retrouvons de fait en état de subordination, de relative vassalité comme l'actualité tend à nous le démontrer. Et il faut toujours bien garder à l'esprit la divergence évidente qui sépare les peuples de leurs gouvernants au sens large. Car derrière les élus et les personnes médiatiques se profilent d'autres puissances, idéologiques, économiques ou financières qui sont les véritables maîtres d'œuvre de nos destins. L'archétype officiel de cette réalité loge depuis le début du XX° siècle à la Maison grise. Du moins pour la partie haute de l'iceberg ... L'exemple récent de l'attitude du président français dans la crise iranienne rend pour le moins sceptique : menace de représailles nucléaires début 2006, contre les pays dits terroristes, option diplomatique en opposition aux USA lors de l'AG de l'ONU en septembre puis alignement de dernière minute. Notre pays navigue t-il à vu ou joue t-il un rôle sur mesure ? Les deux mon capitaine ! En tout cas dans cette histoire, la langue garde une place de choix et le choix d'une langue dominante fait partie des enjeux majeurs, ce n'est pas simplement une compétition bon enfant. La diplomatie est l'art du rapport de force pourrait-on dire. Les peuples aspirent normalement à la paix, à moins de les conditionner et de les circonvenir, c'est l'art de la démagogie dont l'opportunisme sert précisément des intérêts privés pour lesquels rien ne saurait être moral bien longtemps.
Si l'on disposait d'un rapport sain et libre dans les échanges d'information, on viendrait rapidement à bout des défis ordinaires posés par l'inexpérience, la paresse ou la bêtise. Mais face à une idéologie totalitaire souterraine et sans scrupule réelle du sort de l'Humanité, la confrontation est malaisée (c'est un euphémisme). Inutile de nier l'évidence pour refouler ce qui insulte nos dignités pourtant si bien érigées sur les fondations d'une Démocratie en grande partie factice. Bref regardons les choses en face. Et ce n'est pas en ressassant les vieilles méthodes que nous sortirons de cette auberge coupe-gorge. Même le marxisme s'est trouvé historiquement l'otage commode d'une partie d'échec joué par-dessus la tête des citoyens, avec sa guerre froide un peu réchauffée. Et l'évidence de la réalité des classes sociales n'en est pas moins réductrice quand elle impose un autre absolutisme. On peut aussi s'étonner que tous ces bons théoriciens soient pour la plupart réfractaires au paradigme d'une langue commune, non ? Partager reste un défi pour tous !
Mais le problème est ailleurs aujourd'hui en ce qui nous concerne, et c'est justement une question d'équilibre. Dans cet ordre d'idée, il faut absolument assainir les fondations de nos sociétés si nous voulons en assurer la pérennité, ce qui impose un effort d'historicisation, de transparence autant que possible et d'actualisation des réalités économiques et politiques. C'est une révolution culturelle pacifique qui est l'objet de cette vision et sans laquelle l'édifice dangereusement érigé risque à nouveau de s'effondrer. Non par pur fatalisme mais par inconséquence en ce qui concerne les sociétés et bien sûr par nécessité pour ceux qui en usurpent la gestion actuellement. Des fois qu'ils "seraient mis à jour".
Certes cela n'est pas nouveau se dit-on, mais la coupe est pleine et il n'est pas question de repartir... comme en 14 ni 40 d'ailleurs ! Les nouvelles générations doivent avoir une vision claire de ce qui s'ouvre à eux, même et surtout si le danger est manifeste. Car l'illusionnisme quotidien les rend schizophrène et donc incapables de prendre en main leur vie et leur responsabilité. Or à cette heure nous vivons, et pour longtemps si nous n'en brisons pas l'envoûtement, sur le dogme cynique du 11 septembre 2001. Et c'est bien là qu'il faut reprendre les choses, quels qu'en soient les risques évidents parce que tout autre voie sera pire de toute façon. Démarche impossible, inutile, et qui n'a pas lieu d'être dirons certains dont on constate le comportement suiviste tout comme la majorité des responsables politiques qui cautionnent la version atlantiste des évènements. On craint le pire, attentats en prime, à défaut d'en connaître explicitement les commanditaires. Mais bon, tous vichystes en 40 et tous résistants en 44, c'est un état d'esprit soi-disant normal même si le contexte semble différent. Et quand on connaît l'importance des moyens militaires de désinformation et de guerre psychologique mis en œuvre par la toute-puissance usonienne*, on est en droit d'émettre des doutes et en devoir de vérifier les données réelles que des médias, pour la plupart sous contrôle, s'empressent de diffuser au bon peuple. "Le plus fort n'est-il pas celui qui raconte la meilleure histoire ?" Paranoïa ? Théorie du complot ? et hop à dégager !
Mais ce n'est pas rien ! Car tout l'édifice idéologique mondial actuel tient dans cette fragile construction médiatique, ce qui laisse augurer de nouveaux drames potentiels effectifs si les choses tournaient mal, par une fuite en avant irrésistible. Est-ce à dire que tout va bien ? Les instigateurs d'un scénario aussi poussif et dont le talon d'Achille devient si évident, n'auraient-ils pas assurer leurs arrières ou pensent-ils simplement qu'ils possèdent suffisamment d'avance pour ne rien craindre des réactions citoyennes engluées dans la propagande ? N'ont-ils pas déjà programmé les ruptures et les confrontations qui permettent de détourner l'attention des curieux, y compris des Etats devenus les otages de cette piraterie moderne ? Ou sont-ils de vrais amateurs qui improvisent une partition mégalo alimentée par l'insouciance idiote de nos comportements égocentriques ? Obéissent-ils à une logique dont nous ne pouvons soupçonner l'existence et les raisons ? Et pour finir, en quoi les pauvres citoyens que nous sommes ont-ils la possibilité de comprendre et de revendiquer le droit à cette compréhension ? Je laisse à chacun la réponse mais donne la mienne en revenant maintenant à mon sujet de départ.
Oui l'Espéranto est à l'évidence à la fois l'outil et l'arme pour nos sociétés du futur si nous devons en avoir un. Le concept de langue fédérale s'impose désormais au monde, à commencer par l'Europe qui sert de prototype à cette évolution inédite et encore incertaine. C'est une exigence politique qui doit assumer son indépendance et qui demande donc préalablement un repositionnement lucide et courageux vis à vis des USA sur tous les dossiers sensibles, en faisant bien la part de ce qui sépare les peuples et ceux qui les dirigent. Sans cela les chances de réussir resteront aléatoires et sans espoir, ni diplomatique, ni éthique, alors que la situation générale est plus que préoccupante. Les divisions européennes sont bien sûr le moyen le plus sûr pour hypothéquer cette volonté mais d'autres forces sont aussi à l'œuvre, visibles ou non et nous avons par nature vocation à cette identité citoyenne de voir et de savoir ce vers quoi notre planète s'achemine.
C'est un destin partagé dont l'Espéranto est le symbole et le chemin. En cela, vouloir faire émerger un tel discours lors d'une Présidentielle en France n'est pas seulement un droit, mais un devoir que nous serions irresponsables de ne pas assumer.
Christian GARINO,
Bg-St-Maurice le 23 septembre 2006
www.esperanto-liberte.com
federlangue@yahoo.fr
* usonien : mot utilisé jusqu'à la fin du XIX siècle pour nommer les habitants des USA. Terme repris logiquement par le lexique espérantophone pour pallier à l'abus de l'emploi du terme "américain".