Dimanche 24 décembre 2006
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Salutations,
En réponse aux questions de sociétés pour lesquelles je suis sollicité et vous mobilisés, j'exprimerai librement mon point de vue. D'abord en constatant que les situations de précarité s'amplifient au fil du temps et que les inégalités suivent le même chemin, tant dans les pays dits développés qu'ailleurs où les modes économiques sont plus aléatoires et les régimes politiques plus dépendants.
Je ne peux que saluer le courage de ceux qui sont présents sur le terrain mais je dois intellectuellement rappeler quelques évidences. La pénurie, que cela concerne les biens ou l'emploi, et donc la pauvreté, sont le fondement sur lequel l'exploitation humaine a toujours reposé. C'est un système qui permet une hiérarchisation outrancière des prérogatives et des pouvoirs. Et Marx pour finir a dévoyé l'analyse en dressant les humains les uns contre les autres par un esprit de guerre qui mène à une impasse. C'est l'esprit des terriens qu'il faut espérer changer et les crises qui se sont succédées de tous temps ont plus ou moins bien atteints ce but. L'éducation et mieux encore, la prise de conscience, sont les véritables ressorts de cette mutation en cours. Et l'évolution même d'un Mouvement populaire comme celui des Restaurants du Cœur, démontre justement cette tendance. Un état d'esprit que son créateur a payé de sa vie ?!
Inutile de refaire l'inventaire catastrophique de ce panorama matériel et humain, il suffit de regarder autour de soi pour constater l'ampleur du désastre, sachant que le moins visible n'est pas le moins cruel. Et la révolte gronde dans les cœurs quand l'étalage de l'iniquité vient narguer le bon sens. D'autant que c'est bien à l'échelle mondiale qu'il faut désormais s'emparer du problème. C'est pourquoi, sans sous-estimer les rapports de force en présence, notre mouvement opte pour une approche sur trois fronts.
Il faut selon nous, une fois les exigences minimales assumées, redonner d'abord à chacun, le droit de sa dignité et en même temps la capacité de sa citoyenneté. Et aujourd'hui cela passe fondamentalement par l'accès à une langue commune neutre et accessible qui invalide le fatalisme de la division des peuples sur laquelle profite le parasitisme social des grands prédateurs de l'humain et de la Nature. C'est le premier pas vers le retour à soi et aux autres par la solidarité vécue dans l'esprit et dans les faits.
Dans le même temps, la question de l'ordre monétaire et financier doit entrer en débat pour que tout le monde comprenne bien comment la "machine du bonheur tranquille" qui pollue nos intelligences puisse être décryptée et remise en perspective afin de retrouver sa véritable fonction au service des sociétés sous la tutelle d'Etats représentatifs garantis par un contre-pouvoir inaliénable. C'est le point sensible qui permet actuellement à des puissances privées de s'emparer des commandes publiques, à la fois politiques et économiques et de produire ce que nous subissons.
De la même façon, l'accès à la connaissance au sens large, englobe aussi la critique des falsifications incessantes de la désinformation institutionnelle qui permet au système de vivre en boucle sans jamais laisser la possibilité de sortir de ce cercle infernal et propagandiste où sont condamnés des majorités d'êtres dont le seul crime est de ne pas appartenir à une élite auto proclamée qui n'a de cesse de se maintenir et de se reproduire. Y a t-il pour autant un intérêt commun à cela ? La démonstration reste à faire et la mauvaise volonté (c'est un euphémisme) qui consiste à dérouter toute émancipation est en soi une signature éloquente.
Il serait candide de croire ou de faire croire qu'une telle approche
est hors propos face à l'immédiateté de la condition des plus démunis.
Elle intègre au contraire l'ensemble des données qui la génèrent,
permet d'en définir les racines et d'envisager d'y remédier.
En tout cas ce ne sera pas un discours classique et entendu propre à rassurer les bonnes âmes en attendant le déluge. Il faut avoir le maximum de courage de dire les choses si l'on veut avoir le moindre espoir de faire quelque chose ... Amicalement donc !
Christian Garino
Par Jérémy Bizet
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Publié dans : Actualité
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