Dimanche 24 décembre 2006
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Q.: Votre analyse de la situation: causes et issues possibles?
Q.: Quelles sont vos propositions pour éviter à notre pays l'éclatement d'une nouvelle insurrection, un nouvel "état de guerre"?
Q.: Que diriez-vous à Tariq Kadi qui demande "ou dois-je aller"?
Q.: Reprenant l'expression de Chef d'Etat, comment pensez vous résoudre cette "crise de sens, crise de repères, crise d'identité"? Comment "vivre ensemble les valeurs de la République"?
Réponse :
De voir ce gâchis, ça fout le blues! Difficile pour autant de s'en tenir là. Force est de constater que les amalgames en tous genres demeurent la recette idéale pour semer la discorde...
Certains comme Christian Cotten et son mouvement Politique de Vie, vont même plus loin et osent dire ce que beaucoup pressentent, à savoir l'instrumentalisation du malaise inhérent aux banlieues, pour nourrir la démagogie des enjeux électoraux. Ce qui le mènera tout droit à la 17ème chambre correctionnelle en février 2006 : http://politiquedevie.net/Etats-Unis/NicolasSarkozycoupdetat.htm
Comment imaginer autre chose quand on a vu le climat se dégrader au fil des ans et que de toute façon il faut se rendre à l'évidence que le système auquel nous participons a pour logique de produire de la misère et de mettre en compétition les citoyens grâce à elle. Ainsi l'Ordre toujours nouveau peut s'ériger dans la légitimité de la nécessité. Aveugles, et complices malgré eux, les électeurs achetés quand ils ne sont pas vendus, se perdent dans le dédale des manipulations médiatiques servies au quotidien.
Ce qui se passe dans les ghettos US serait-il un modèle pour Iznogoud, le vizir qui prend ses ordres chez le calife de Washington ou chez celui de Tel-Aviv. Et d'ailleurs, les implications géostratégiques de cette affaire émeutière seraient-elles si saugrenues quand il est si simple de faire feu de tout bois ? Des clubs influents très privés ne financent-ils pas toujours et encore les meilleurs candidats européens potentiels aux postes de responsabilité ? L'argent n'a pas d'odeur comme on sait ! Et puis, la guerre des civilisations a besoin de démonstration concrète pour devenir un dogme acceptable. "Diviser pour régner" reste l'enfance de l'art et les nationalismes mélangés aux identités religieuses sont le mélange le plus explosif que l'on connaisse, sur fond d'apocalypse sociale. La loi du terrorisme ambiant, que dis-je prégnant, sert de clone et de drone au néo-libéralisme version Armagedon. Pendant ce temps on occupe le terrain et tous les soirs les JT nous font une flambée comme en écho à la lointaine Bagdad où à une autre échelle les attentats sur commande succèdent aux attentats. A qui profite le plus le crime en fin de comptes?
Dans cet étrange théâtre d'ombres aux coulisses aussi sombres que cyniques, Bouna et Zyed sont des acteurs malgré eux, tout comme l'ensemble des communautés qui peuplent ces cités, à l'exception sans doute de quelques malveillants qui ne perdent rien pour attendre. Et tous les médiateurs du monde, et tous les CRS aussi, à ce jeu là, risquent de ne pas retrouver leurs petits. Car c'est une fois de plus d'économie dont il faut parler, et puisque le retard cumulé à conduit au désastre, il ne reste qu'à rattraper le temps perdu et donc à investir en masse. Ce qui au passage fournira du travail, donc de la consommation et des taxes etc. Bref c'est impossible, y'a pa'd'sous ! Parce que notre pauvre pays croule sous les dettes et que le peu qu'on épargne est censée les combler : arnaque suprême. Parce que les créanciers sont avant tout des pirates de la finance qui depuis trop longtemps usurpent le droit de créer du crédit sur le dos des États qu'ils ont réussi à circonvenir. Et personne n'ose dire l'évidence de cette terrible stratagème à partir duquel la manipulation générale devient un jeu d'enfant.
Des enfants, c'est comme cela qu'on traite les citoyens, avec en prime un soupçon sado-maso confirmé et qui semble suffisant pour tenir tout le monde en respect.
Respect ? Vous avez dit respect ? C'est justement de ça qu'on veut; nous les banlieues ! De la dignité par le travail ! On est prêt à tout donner pour ça, comme ceux qui continuent à miser leur vie en migration impossible. Cette vie qu'ils donnent pour se sauver ! Se sauver de l'enfer que l'ordre international leur a forgé au fil des siècles, et ce n'est pas un regard furtif sur ces « Indigènes » qui va changer grand chose. Triste de devoir s'honorer du sang versé pour un maître inique dans une guerre-mensonge où le méchant est justement financé par ceux qui se présentent comme les libérateurs. Et tant de victimes physiques et morales !
Du moral on en a, puisque c'est tout ce qui nous reste, teinté de haine et de colère que nous essayons d'endiguer tant bien que mal, même quand ça fait mal.
Alors maintenant on fait quoi ?
Par Jérémy Bizet
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Publié dans : Interviews
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