Vendredi 23 février 2007
France – Israël
http://www.france-israel.com
Question aux candidats à la Présidentielle

Réponse sur le thème du Moyen-Orient, de la crise Iran-Israël,
sur Jérusalem et le retour des palestiniens.
par Kristian Garino pour ESPERANTO-LIBERTE


Voilà bien une gageure de demander à un individu de répondre à des questions que des générations ont été incapables de résoudre. Mais l'exercice a son mérite et si la promesse de publier in extenso tient bon, j'en assume moi aussi la responsabilité par une publication parallèle. Que personne ne s'étonne, si pour répondre clairement je remonte le temps au moins jusqu'à la création du monde ... ou du moins de celle de Dieu dans la conscience humaine ? L'histoire des hébreux (ceux qui passent ?), désormais juifs aux yeux du monde, et par la suite assimilés au peuple d'Israël et à sa diaspora, est une hypothèse qui fonde en tout cas l'Histoire commune de l'Humanité. Terre promise, conquise, perdue et retrouvée, scénario plutôt classique pour tous les peuples, sauf qu'après 2000 ans c'est un record !

La foi d'un peuple « élu » suffit-elle à expliquer cela ou bien ce n'est que l'habillage des circonstances ? Les avis divergent et les interprétations aussi. Entre autre pèse cet amalgame permanent et trompeur contre un peuple déraciné et sa propension aux métiers d'argent auquel leurs hôtes se refusaient. Facile et pas vraiment très original par rapport aux violences en tout genre dont nos humanités successives ont le secret, sans exception.
Voilà aussi que la confusion du mélange explosif religion-politique vient menacer un raisonnement raisonnable. L'ordre de la croyance mérite le respect, pas la soumission. D'ailleurs le respect du prochain, de tout prochain, n'est-il pas la pierre d'angle de chaque spiritualité, devant servir à fonder nos sociétés sous le regard de l'Eternel ? Alors d'où vient le mal, où est l'erreur ? Si ce n'est de s'imaginer supérieur à la fleur que le principe créateur dans sa sollicitude à planter dans le jardin de nos rêves.

De plus la compréhension est rendue aléatoire par cette épisode de « faux-frères » ashkénases et séfarades qui mériterait explication. Comment le peuple Khazar, héritier des steppes d'Asie centrale, a t-il pu durant le haut Moyen-Age être converti en masse à une religion aussi restrictive ? Car ces blessures connues ou oubliées marquent notre réalité actuelle. De cet empire en perdition émergent à l'époque moderne en Europe centrale des héritiers ambitieux qui savent que désormais la puissance d'argent supplante celle de l'épée. Naissent alors des dynasties que couronne depuis la maison Rothschild. Comment ignorer cette connivence du politique et de l'économie sous la discrète reconnaissance cultuelle et culturelle qui lui fait écran ? Mais cela par dessus l'épaule des de la démocratie clamée et réclamée, avec la complicité des élites en tout genre et de toutes origines qui savent se compromettre auprès des maîtres de leur « intérêt ». Sommes nous prêts par exemple à faire la transparence absolue et intégrale du système financier mondial passé et actuel ? Tout comme banalement on l'exige pour nos impôts en fait.

Et ce territoire, cet antique Canaan tant convoité par le passé et de nouveau bien sûr quand l'odeur de l'or noir se répand fin XIX° et rend sensible les grands investisseurs et potentats d'Europe et d'outre-atlantique, si bien organisés autour de l'ordre de la City, terrible héritière du sceptre. Monsieur Balfour en 1917 donnant terre en hommage par lettre soumise au baron Rothschild, n'est-il pas chose incroyable alors que l'issue de la guerre n'est pas joué ! ? Une guerre après l'autre et voilà le fait accompli, l'Europe dépecée et la Russie sous le joug d'une commande si bien orchestrée par une tyrannie sur mesure. Drapeau rouge ! ou carton rouge ? Que d'intelligence subtile et de manigances derrière les croyances populaires abérrantes dans le simplisme révolutionnaire, mis au service d'idéologies perverses. En cela le peuple russe et allemand auront eux aussi payé leur cécité nationaliste qui fit d'eux des criminels publics planétaires.
Mais d'autres dans l'ombre de leur propagande n'ont certes rien à leur envier et la vérité comme l'huile sainte remonte toujours à la surface, ce n'est qu 'une question de temps. Pour le bien de tous et surtout de ceux qui se sont fourvoyer. Bref, ce peuple de l'errance, ce peuple dit juif, fut donc un peu malgré lui propulsé « au retour » par une « volonté ordonnée ». Car l'intégration ne fut finalement brisée qu'après le génocide planifié. Et encore cela ne fait pas l'unanimité dans la propre communauté juive, loin de là, sans parler que la laïcité est prégnante dans la culture sémitique au sens large et qu'elle se trouve simplement battue en brèche par l'intégrisme des courants classiques, authentiques ou instrumentalisés comme il convient à tous les extrémismes on le sait. Mais bien que le destin ait tracé la voie, la paix reste absente et ni l'ONU ni personne n'a droit de cité dans le dédale de cette diplomatie vouée à l'échec puisque les meilleures intentions ont été systématiquement anéanties dans un théatre ... d'ombres ? La guerre vive !

Jérusalem, pont de cette paix bannie, de cette sagesse et de cette intelligence feintes, est à cette heure le centre de l'impossible. Et la mise en scène de l'Iran n'est surement pas le bon exutoire dans le jeu trouble des grands commandeurs. Il s'agit désormais pour eux de justifier l'affrontement impérial sino-étatsunien, ou le renouveau d'une soi-disant guerre froide, qui dans un cas comme dans l'autre servent de leurre à la mainmise et au totalitarisme de la violence, de tout bord. Ici pas d'innocents. Le peuple d'Israël reproche finalement à la Palestine de se trouver dans une situation bien similaire à la sienne en d'autre temps. Une excuse qui ne trompe personne en diplomatie internationale, pas même une majorité d'israëliens. Quelle ineptie que cette guerre des civilisations !

Nous voilà pour finir au constat de la souffrance qui porte aussi le sens de l'attente. Une attente qui semble parvenir à son terme, tellement les tension subies et cumulées ici et partout sont à leur paroxysme, comme un séisme qui se prépare dans les entrailles silencieuses de nos inconséquences communes. Cette passion ravageuse qui fait des humains les jouets de leur propres illusions. Considérez ma parole comme une voix dont le peuple français ignore peut-être le dessein mais dans laquelle il trouverait j'en suis sûr sa propre résonance, par la seule vertu du bon sens. Pardonnez la forme philosophique et poétique incontournables en la circonstance pour un tel devoir de vacance. Et quel que soit le traitement qui sera fait de cette parole, j'assume n'avoir de vrai que cette conscience délibérée. Je crois à travers elle pouvoir être une « parabole » au nom de la France.

Au fait, il existe en Israël des communauté mixtes qui vivent en paix et dont certaines utilisent aussi la langue de partage que nous défendons politiquement, l'Esperanto, comme un projet d'Unité et d'identité européenne capable de faire école dans le monde entier. C'est une main tendue. Ce sont nos frères en esprit et en vie. Et nous rendons hommage au Dr Zamenhof qui a initié cette langue et qui eut le courage en son temps difficile plus encore, de ne pas succomber aux sirènes du nationalisme sioniste pour justement porter les valeurs de cet universalisme pour lequel il a lutté toute sa vie, dans les pas de la tradition hilléliste dont il se revendicait. Il fonda ainsi son « homaranisme* » militant !

Le peuple du livre ne doit pas renoncer à cet universalisme en se laissant enfermer par ceux qui prétendent le protéger, qu'ils viennent de leur propre sang ou de croyances prétendues amies. Car quand le loup entre dans la bergerie, nul doute qu'il ne soit déguisé en agneau, tout comme l'art de la séduction est bien celui des petits et des grands malins. En ce sens, les conflits visibles déclarés sont moins dangereux que ceux qui ne disent pas leur nom. C'est aussi fraternellement que cela est concevable que je soumets ces pensées à votre sagacité et à celles de tous les possibles lecteurs et lectrices que je salue. Et j'invite symboliquement et pratiquemennt chacun à s'ouvrir acceptant le principe d'une langue de communication neutre non nationale au moyan de l'Esperanto.

Amikore - par le cœur de l'amitié Kristian Garino 23 février 2007
www.esperanto-liberte.com
Par Kristian - Publié dans : Interviews
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Vendredi 23 février 2007

In gold we trust

Réponse à : http://blogelec2007.blogspot.com

Pouvoir d'achat, salaire, revenus ? Disons richesses, travail, partage ..
Difficile d'harmoniser tout ça, que l'on vive en tribu ou dans notre « système-monde ». Cela dépend des ressources et de leur gestion, de la capacité humaine et technologique du moment, des modes de production et de consommation, et enfin de la répartition et du réinvestissement. Cela relève du génie d'équilibre et de perspicacité de l'état d'esprit présidant à la régulation, la planification et l'anticipation

Un jeu d'enfant si la bienveillance y préside, comme nous y invite l'article 1° de la DDHC (Déclaration des Droits de Humains et Citoyens) mais un champ d'horreur quand l'illusion matérialiste de l'acaparation se rend maître de l'instinct. Entre les deux nous y voilà ! et là hélas ... ça craint ! Dans un monde d'abondance potentielle, éden conceptuel où la nature s'offre aux dignes humains, l'exploit a été d'ériger l'esclavage en principe et la violence en morale. A commencer par le monde socio-professionnel justement, source des biens à défaut du bien.

La loi du nombre et du territoire, de l'espace vital et de l'ethno-race qui l'occupe, de la propriété et du pouvoir usurpé, suffit-elle à justifier l'injustifiable ? Faut-il y ajouter ce soupçon d'animalité blafarde d'une pulsion érotico-sadique qui fait de l'espèce homo un peu sapiens, le prototype de la perplexité ? Le crime économique et écologique est-il moins cruel quand ses auteurs paraissent invisibles et inconscients, en tout cas intouchables ?

De plus cette prédation-déprédation est celle d'un système qui s'autoproclame « libéral » mais se drape dans une antithèse marxisante pour voiler sa crainte panique de toute transcendance, confondant habilement religion et spiritualité. Nous refusons une telle duperie qui fait tourner en rond des foules abêties autour de concepts stériles. Il ne s'agit même plus de changer les mentalités qui sont éternellement celles d'êtres créés et programmés selon leur nature vivante, mais de les libérer par émancipation si ce n'est par anticipation.

Ce monde est comme nous le regardons et c'est de dedans que nous pourrons trouver la force d'un regard différent, capable de maîtriser cette violence induite qui donne à nos économies une odeur de désespérance et de chaos sur lequel des colonies d'usurpateurs opportunistes savent faire leur nid. Il n'y a de problème que notre lâcheté individuelle et collective à jouer de compromission pour au final devenir les esclaves consentants d'un système qui nous détruit par le mépris.

En cela la question des salaires et du pouvoir d'achat ne sont que les épiphénomènes de ce mythe moderne que nous appelons progrès-croissance et dont les règles jamais énoncées et toujours falsifiées constituent le carcan dont nous sommes les victimes. Une matrice qui ne dit pas son nom et dont il est maintenant urgent de se libérer. Pour rendre cette parole créatrice nous savons pour notre part, que la diffusion d'une langue comme neutre comme l'Esperanto est un élément décisif dans ce parcours d'obstacle chronométré puisque l'échéance de la crise environnementale est maintenant à notre porte.

Kristian GARINO 23 février 2007

Par Kristian - Publié dans : Interviews
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Jeudi 15 février 2007
Devise : Esperanto langue fédérale européenne Une langue en partage, une terre en héritage.

*** *** ***

-Instituer le principe de la pratique d'une langue fédérale européenne et mondiale qui rende la parole aux peuples et leur permette de refonder la démocratie par le débat transfrontalier.
-Établir un diagnostic critique du système financier mondial pour rétablir la souveraineté des États sur leur monnaie et résoudre globalement la crise de la dette en régulant les réseaux par la transparence des flux.
-Envisager sur cette base une véritable coopération internationale responsabilisée pour relever le défi environnemental et sociétal, pour distribuer les savoirs et organiser une programmation spatiale pour toute l'Humanité



Aussi Disponible sur http://www.lesocle.com
Par Kristian - Publié dans : Campagne 2007
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Mardi 30 janvier 2007
Monsieur Garino,
En tant qu'observateur de la campagne electorale, j'ai pu constater que vous étiez vous même candidat à l'election Présidentielle de 2007. Vous ètes très présent sur le net, par l'intermédiaire, entre autre, de votre site de campagne, ce qui vous permet d'entrer directement en contact avec les electeurs, et de diffuser vos idées au plus grand nombre. Toutefois, le peu d'interet que vous portent les grands médias vous classent dans la catégorie des "petits" candidats, ce qui est assez regratable. Je trouve en effet assez désolant que tous les candidats ne soient pas traités de façon égale, comme cela devrait être théoriquement le cas, dans un Etat dit Démocratique. 2007 peut être une chance pour l'avenir de notre pays, la multitude de candidats déjà déclarés nous offre un large choix d'idées et de personnalités, et je pense que chacun a sa place dans ce débat qui prendra fin le 22 Avril prochain.
Je me permet de vous écrire, pour vos poser différentes questions, concernant votre candidature, votre politique, et plus largement, concernant l'election.

- Pourquoi cette candidature ?
Pour défendre les couleurs de l'Esperanto par tous les moyens légitimes et celui là est indéniable.

- Où vous positionnez vous sur l'échiquier politique ?
Je suis un homme qui essaye d'être libre et je fraternise avec tous mes semblables pour peu qu'ils "essayent" d'être sincères et qu'ils le prouvent.

- Certains "espérantistes" voient votre candidature d'un mauvaise oeil et estiment que la question de l'espéranto n'a pas sa place dans le débat de la présidentielle, car c'est avant tout une langue qui vise à "féderer" et qu'à ce titre, seule l'election européenne est un combat légitime pour ceux qui la défendent. Qu'avez vous à leur répondre ?
Qu'il y a autant de concepts que d'espérantistes, mais en fait beaucoup défendent mon travail même s'ils sont assez discrets, ceux qui le contredisent sont effectivement plus bruyants ...
Que la présidentielle est non seulement une tribune inespérée mais aussi un lieu adéquat en phase avec la problématique européenne et mondiale. La question de la crise climatique en porte l'évidence à cette heure même. C'est justement ma perspective, à défaut de bonne volonté naturelle et innée...



- Quelle sera votre première action, une fois élu ?
C'est pas pour cette fois si ça doit jamais l'être, mais la reconnaissance de l'Esperanto est évidemment le premier point pour fédérer les esprits si ce n'est de suite les intérêts. Mais la souveraineté de la sphère financière est à considérer dans le même ordre d'idée et d'urgence.

- Quelles sont véritablement vos chances d'être présent au 1er tour de l'election
Présidentielle ?
Aucune à priori sauf miracle de circonstance sur lequel je n'ai "à priori" pas prise, mais cela ne m'empêche pas de croire qu'il va se passer divers évènements majeurs avant l'échéance du 22, sur la scène politique nationale et internationales et qui pourront changer bien des choses encore !

- Au cas où vous ne parveniez pas à réunir les 500 parrainages d'élus, pour quel candidat appelerez-vous à voter ?
Je suis libre et souhaite que les autres le soient aussi mais en tant que personne publique je dirai en temsp voulu ce que je pense du sujet.

Sachez que l'objet de ma démarche est purement informatif, et qu'elle n'émane d'aucun parti politique, mais d'un simple electeur souhaitant prendre part au débat electoral.
Merci à l'avance de m'accorder quelques minutes de votre temps pour répondre à mes questions,

Merci également de cette paticipation dans les formes .. . kore via Kristian

Cordialement,

Romain Philippe VAUDAN
Par Kristian - Publié dans : Interviews
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Vendredi 26 janvier 2007
Dès qu'on parle de l'argent publique, deux sujets reviennent immédiatement: déficit du budget et dette nationale, la seconde étant la conséquence directe du premier.

L'État n'est pas une entreprise ni un particulier, ses finances ne sont pas de même nature. Il est présumé "éternel", il ne peut pas "faire faillite" car il ne peut pas "disparaître". En langage financier cela veut dire que l'État est "éternellement recouvrable", sa dette ne "s'annule pas", elle ne peut pas "disparaître" non plus...

L'État assume des diverses missions, dont personne ne peut pas (ou ne veut pas) se charger. Exemple: l'armée ou la justice, fonctions "régaliennes", que nul ne doit pas accaparer. Il a aussi diverses missions "d'utilité publique", que personne d'autre ne peut pas assumer.

Ainsi, l'État fait ce que nous voulons qu'il fasse, il "réalise" notre volonté. Bien entendu, cela coûte de l'argent. Tout a un prix, il faut trouver de quoi payer ce que l'on désire, utilise ou consomme. L'État "gagne" de l'argent en prélevant des impôts - c'est (presque) sa seule source de "revenu". Actuellement, tout ce que nous demandons à l'État coûte plus cher que ce que nous payons. Pour équilibrer ses comptes, comme toute autre entité, entreprise ou particulier, l'État emprunte. Le "déficit du budget" (donc: ses dépenses) génère "la dette de l'État". Mais l'État - c'est nous, nous tous, tous les Français - on emprunte, on dépense et on promet de rembourser "plus tard". Il faut souligner ici que la dette finance des "dépenses de fonctionnement", pas des investissements quelconques. L'augmentation de la dette publique n'a pas été compensée par une accumulation d'actifs publics, bien au contraire. La dette a été utilisée pour financer les "dépenses courantes", pour reporter sur les générations futures une part croissante de nos propres dépenses, notamment de santé ou d'indemnisation du chômage. En clair, nous "vivons à crédit".

Le budget annuel de l'État, voté par le Parlement, est "déséquilibré". Depuis 25 ans, sous tous les gouvernements et sous tous les régimes, l'État a toujours dépensé plus qu'il a "gagné". Actuellement, "le déficit du budget de l'État était de 54,87 milliards d'euros à fin novembre 2006 " annonce le Ministère de l'Économie et des Finances. Donc, il va falloir emprunter quelque 55 milliards d'euro (donc : 361 milliards de francs ou 36.077.635.000.000 d'anciens francs...). Pour la seule année 2006 cela fait quelque 890 euro (5.820 francs) par tête d'habitant (enfant, vieillard, handicapé, prisonnier, SDF ou clochard y compris), en plus de l'impôt que nous avions déjà payé. Et puisque ce type de "crédit" s'accumule depuis des années, les dettes d'une année s'ajoutant à la dette précédente, la dette de l'État s'élève actuellement à 985,5 milliards € (quelque 16.000 euro, 104.265 francs ou encore "dix millions" d'anciens francs par habitant).

Donc: chaque Français(e), nouveau-né dans un berceau ou un "ancien" qui n'a jamais emprunté le moindre sou de toute sa vie, a un "crédit" qu'il doit rembourser, doit 104 mille francs (ou : "dix briques" pour les anciens). Vous êtes combien dans votre famille? Multipliez le nombre de têtes par 16 mille euro, vous verrez votre du! Ça fait une "jolie somme", en somme...

Parfois on dit: "ce n'est pas grave, la France est riche, on n'a qu'à vendre Versailles ou Louvre". Ce n'est malheureusement pas suffisant... Car en s'endettant, les administrations publiques se sont appauvries. Entre 1980 et 2002, leur patrimoine net, tel que le calcule l'INSEE, a été divisé par trois; il est aujourd'hui négatif, si l'on tient compte de l'ensemble des engagements de l'État. La totalité des actifs inscrits au bilan 2005 s'élève à 346,2 milliards euro. Conclusion: même en supposant que quelqu'un veuille acheter Versailles, même si l'on "vendait tout", cela suffirait à rembourser un tiers de la dette. En clair, pour couvrir la dette, il faudrait vendre non seulement tout ce que l'État possède (terrains, bâtiments, avoirs bancaires etc.) mais aussi ce que les Français possèdent eux-mêmes: leurs maisons, leurs voitures et même ce fameux vison sorti du fond de placard!

Ce n'est pas tout et ce n'est pas aussi simple...

1. il y a un problème d'estimation de cette dette de l'État. Diverses personnes estiment différemment ce à quoi l'État s'engage. Il y a notamment le problème des retraites des employés de l'État, donc: des fonctionnaires. La dette officiellement annoncée ne tient pas compte de l'engagement que l'employeur-État (donc nous tous) a pris vis à vis de ses salariés. Si l'on ajoute ces "engagements hors bilan", que l'on devra payer peu importe comment on les appelle ou comptabilise, l'engagement s'élève à plus de 2.000 milliards d'euro (deux mille milliards) actuellement et risque d'atteindre 400% du PIB en 2050!

2. qui va payer? Bien entendu, la dette et autres engagements sont dues par l'État, donc par nous tous, y compris ces "enfants, vieillards, handicapés, prisonniers, SDF ou clochards". Seulement eux, ils ne paient pas d'impôt... En France l'impôt n'est pas payé par les "habitants", il est reparti entre ce qu'on appelle les "foyers fiscaux". Et ces "foyers fiscaux" ne sont pas 62 millions mais seulement la moitié - 35 millions. De plus, et en réalité, seulement 1 "foyer fiscal" sur 2 paie l'impôt sur le revenu... Trop pauvres, insolvables, beaucoup de Français ne peuvent plus contribuer aux finances de l'État. Voici le décompte (fin 2005):

Nombre de foyers fiscaux 34.813.337
Foyers fiscaux non imposables 16.670.757 (48 % du total)
Foyers fiscaux IMPOSABLES 18.142.580 (52% du total)
Résultat: l'engagement (dette + "hors bilans"), il faut le repartir non entre tous les "habitants", mais seulement entre ceux qui sont capables de payer. Un RMIste ne peut rien payer! Et là, la donne change singulièrement: le fardeau s'élève à 48.340 euro par "foyer fiscal solvable" (sans retraite des fonctionnaires) ou 110.000 euro avec... C'est donc sur quelque 723.000 francs (ou 72 "millions") que chaque contribuable solvable est engagé! Et puisqu'au lieu de rembourser, nous empruntons toujours, ce montant ne fait qu'augmenter. Sans parler des intérêts qui courent... Cela représente le coût d'une jolie maison neuve ou d'une très, très grosse Mercedes "rutilante neuve" que l'on s'est offert "à crédit" nous tous, tout un chacun que nous sommes!

Parlons encore de ce remboursement. Bien évidemment, personne n'exige ni de "tout rembourser" tout de suite ni de ne plus emprunter - la France est libre de décider par elle-même. Ce qui pose éventuellement problème, c'est que nous sommes plus endettés que les autres...

Le remboursement de la dette coûte à l'État (donc à nous tous...) approximativement ce que "rapporte" l'impôt sur revenu. Résultat: ce que le contribuable paie au titre de son impôt individuel et citoyen, est englouti par des créanciers-préteurs. Beaucoup de personnes dissertent sur ce que l'on pourrait faire avec cet argent, si la dette n'existait pas. Une idée simple vient immédiatement à l'esprit: sans le remboursement de cette dette, on pourrait tout simplement supprimer l'impôt sur le revenu, faire de la France le plus grand "paradis fiscal" du monde. Au lieu de cela, nos fortunes s'exilent aux Bahamas (ou à Gstaad...) et nous tous, pauvre de nous, qui ne pouvons pas faire ce "voyage fiscal", nous engraissons des "préteurs sur gage", dont la majorité est à l'étranger - la dette française est détenue à près de 60% par des non-résidents. La France a une "excellente réputation" et sa dette "s'arrache" sur les marchés internationaux. Évidemment...

Le contexte international a changé. Autrefois, le gouvernement avait la maîtrise de ses finances. Il contrôlait la Banque de France qui réalisait la "politique économique", donc financière, de l'État. La Banque de France faisait ce que le gouvernement lui demandait de faire, la monnaie était au service de la politique. On pouvait imprimer du "papier-argent", dévaloriser, emprunter à tout-va... Aujourd'hui, l'État n'est plus maître ni de sa banque ni de sa monnaie - il n'en a plus. L'euro, la monnaie européenne, est gérée par la BCE - Banque Centrale Européenne, qui ne reçoit d'ordres de personne et qui réalise ses propres objectifs, buts financiers précis: monnaie crédible, stable, pas d'inflation, pour sécuriser et maximiser les profits financiers. Évidemment: l'inflation tue la rente du capital et toute monnaie qui prétende être crédible doit plaire aux préteurs. Dès lors, ce sont des préteurs qui dictent la politique de la Banque Centrale. La monnaie européenne échappe aux gouvernements qui ne peuvent que se soumettre et poliment quémander de pouvoir emprunter comme tout le monde. Notre gouvernement n'est plus maître de l'argent de notre pays.

Autre effet de l'euro stable - contrairement à l'autrefois, la dette ne s' "évapore" plus par l'effet de l'inflation...

Quoi dire d'autre? Sur le sujet, la littérature est abondante, il suffit d'entrer "dette France" ou "déficit budget" dans Google. Nous n'allons pas répéter ce que les autres ont déjà écrit. Il y a ceux qui sont "pour", d'autres "contre". Les uns critiquent, les autres proposent. Donc - vous, le candidat à être notre prochain(e) Président(e) de la République, celui qui donnera les instructions à votre (notre) futur gouvernement, qu'en pensez vous? Éclairez-nous sur ce sujet. Voici la question posée par les électeurs:

Questions :

1-déficit budgétaire - est-il "bon" ou "mauvais" d'avoir le déficit du budget annuel de l'État?

2-Quel montant du déficit est "acceptable" pour la France (combien)? La règle Maastricht de 3%, est-elle acceptable (et réalisable) ou non? Faut-il la respecter?

3-Si déficit il y a, alors pour quoi faire et dans quelles conditions? Votre l'opinion + ligne directive pour les gouvernements à venir.

4-La dette nationale - elle est "trop importante" ou non? La règle Maastricht de 60% du PIB, est-elle acceptable (et réalisable) ou non? Faut-il la respecter?

5-Comment calculer le montant de la dette nationale - avec retraites des fonctionnaires, éléments du "hors bilan" et autres engagements, ou sans?

6-Comment rembourser la dette nationale (vitesse, qui et comment imposer etc.)?


Réponse :

Dette et budget en France
Il est notoire que l'on a commencé à parler d'un endettement faramineux dans notre pays seulement depuis peu, élection oblige, 1.000 milliards d'€ sans les frais ... mais pour d'autres il faut majorer ça en fonction des critères pris en compte, comme s'il était impossible de donner des chiffres à peu près précis et à peu près exacts. Et pourtant ! On a dépassé selon toute vraisemblance les 60% du PIB qui servent de seuil de tolérance, un peu comme ces ménages déboussolés qui empruntent à tout va et qui hypothèquent leur avenir. Mais pas de problème, les créanciers sont là pour pousser au crime. Car ça rapporte. C'est un peu comme une drogue, ça euphorise et on ne sait jamais où il faut s'arrêter. Le fait est qu'avec 50 milliards de seul service de cette dette, il faut réemprunter chaque année ce qui vient d'être remboursé, pour faire tourner le pays. Tout cela est bel et bon et permet aux financiers internationaux en particulier de tenir les politiques en respect, sous peine de priver ceux-ci (et donc la nation) de la dose dont elle ne saurait se passer. Et pour cause ! Cela semble être advenu assez rapidement si l'on songe que cet endettement était insignifiant au début des années 80 pour culminer actuellement sur les hauteurs que l'on sait. Et ce ne sont pas les malheureux économies faits sur le dos des plus démunis et du service public qui permettront de changer rapidement cette réalité, comme on aimerait nous le laisser croire. La vieille histoire de la carotte et du bâton ...

Autour de 20% du budget réservé au service d'une dette ad vitam, c'est trop pour un pays qui s'essouffle déjà à financer ses minimums sociaux, à moins que ce ne soit une politique sur mesure qui permette de justifier les contraintes du "Nouvel Ordre Mondial" que nous cuisinent depuis longtemps déjà ceux qui se pensent élus des Dieux, de certains en tout cas ! Mais voilà, comme les dieux ont la sale habitude de se battre entre eux, il est probable que nous soyons emportés dans la tourmente si les choses tournent mal. Bref, avant tant de conjectures, il faudrait d'abord regarder un peu ce que tout cela signifie et comment ça fonctionne, chose que personne ne semble pressé de faire. C'est pourtant là que c'est passionnant, à savoir que tout le système financier est bâti sur une arnaque, celle des intérêts prélevés sans justification économique autre que celle de s'accaparer les bénéfices du travail de ceux qui restent incapables de comprendre comment on les exploite. Même nos meilleurs juristes, à commencer par les USA, n'ont su résister aux assauts répétés de cette hold-up planétaire qui perpétue son crime avec la bénédiction des États.

Le capitalisme idéologique n'est qu'un habillage de ce piratage généralisé que les clans du monopole bancaire et décisionnel ont instauré à leur profit privatif et en dépit des risques évidents encourus par la planète et qui aboutissent logiquement au drame écologique que nous connaissons actuellement, puisque les êtres humains eux ont renoncé à chercher à comprendre. Une fatalité apparente qui nous évite de prendre un autre risque, celui de regarder les chose en face. Soit, ce n'est pas qu'il soit très difficile d'étudier un dossier aussi brûlant, mais que ce terrain est bien gardé et qu'il peut paraître sage de ne pas s'y attarder.

Je me contenterai donc ici de proposer ces remarques à la réflexion et à la sagacité de ceux et celles dont la curiosité n'est pas encore totalement dévoyée. Tout le reste n'étant à mes yeux qu'une distraction supplémentaire qui ne peut que retarder l'échéance d'un inévitable et prochaine prise de conscience. Car sans s'attaquer à la résolution, non pas des conséquences, mais des causes de cet asphyxie financière, il n'y aura pas d'issue à la crise systémique qui donne à nos sociétés un temps de survie désormais compté.
Par Kristian - Publié dans : Interviews
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